Cesser le feu en Ukraine

Une escalade de la violence

Depuis 20 mois, une guerre urbaine doublée d’une guerre de tranchée fait rage aux frontières de l’Europe. Un demi-million de personnes semble avoir été victimes de cette tuerie. Quand va-t-elle s’arrêter ? Quand cesserons-nous cette folie ?

L’escalade militaire ne semble pas avoir de fin. Il y a eu les fournitures d’armes défensives, puis offensives, légères, puis lourdes, conventionnelles, bientôt atomiques ?

Nous avons subi une propagande quotidienne pour nous soumettre au camp de la guerre. Les journalistes tels une meute de supporters fanatisés hurlent sur les fautes de l’adversaire et oublient celles de notre propre camp. Un bourrage de crâne comparable à 1914-16, augmenté par la technologie, a permis de faire sauter toutes les digues du savoir, de la déontologie et de la décence, pour emporter l’adhésion de l’opinion à l’envoi d’armes en Ukraine.

Alors qu’une guerre de tranchée dure depuis 2014 en Ukraine et ressemble « presque à la première guerre mondiale » (Kissinger) on nous fait croire qu’elle a commencé en 2022, qu’il s’agit, comme lors de la deuxième guerre mondiale, de résister au mal absolu, et que « les russes seront demain à Berlin et à Paris si on les laisse faire aujourd’hui dans le Donbass ».

doublée d'une catastrophe écologique

 « La propagande, ça ose tout, c’est à ça qu’on la reconnaît » : même l’écologie est récupérée pour l’effort de guerre, alors qu’il y a catastrophe écologique en Ukraine, que le gaz russe inutilisé est brûlé dans des torchères et que l’Europe importe du gaz de schiste américain ultra polluant auparavant interdit.

En même temps que l’Allemagne ouvre des champs gaziers au Sénégal, la famine menace dans le monde à cause du conflit, la précarité énergétique s’aggrave pour les petites gens et les normes écologiques sont partout abaissées pour soutenir l’effort de guerre.

Les armées, grosses émettrices de gaz à effets de serre, augmentent partout leurs budgets, mais pour les écotartuffes proches du pouvoir, la guerre est devenue une opportunité pour décarboner notre économie, en se passant du gaz russe (pourtant déclaré « énergie de transition » peu avant) évoquant même une « guerre écologique », censée donner un supplément d’âme au conflit en cours en Ukraine.

au profit des intérêts économiques de quelques-uns

Comme d’habitude, la propagande de guerre vise à masquer qu’une poignée de milliardaires, d’oligarques se donnent la main pour le contrôle du charbon, du pétrole, du gaz, des denrées alimentaires et autres matières premières abondantes en Ukraine, comme d’ailleurs dans la fédération russe et en Asie centrale.

Les vendeurs d’armes de tous pays se frottent les mains. Les multinationales de l’armement sont redevenues des plus profitables. En France, nos impôts sont mis à contribution pour augmenter les budgets militaires dans des proportions indécentes, dont les 2/3 pour soutenir les exportations d’armes vers les pires régimes. Le président Macron explique qu’il nous faut rentrer dans une « économie de guerre », pour avoir « une guerre d’avance », dans laquelle nous devrons travailler deux ans de plus.

L'Europe est aussi responsable

En Ukraine, la responsabilité de la France comme de l’Allemagne dans l’avènement de la guerre est indéniable. En effet, ces deux pays ont bafoué les accords de Minsk qu’ils avaient signé et qui prévoyaient une autonomie pour les territoires russophones. Comme l’ont avoué Hollande et Merkel, ils ont fait traîner les négociations pour permettre un réarmement de l’Ukraine et ainsi satisfaire le désir d’expansion de l’Otan – et de l’U.E. – jusqu’aux confins de la Russie.

 

Il est temps que la guerre en Ukraine cesse !

« Celui qui dégaine en premier n’est pas forcément le plus coupable », écrivait Machiavel. Les trois revendications russes sur la neutralité de l’Ukraine, la reconnaissance de la Crimée et l’autonomie du Donbass étaient-elles vraiment inacceptables ? L’occident aurait-il refusé de négocier avec plus faible que lui (55 % des budgets mondiaux d’armements pour l’Otan et 3 % pour la Russie) ? Voudrait-on épuiser la Russie pour accéder à ses ressources, comme dans les années 1990 ? Encercler la Chine, nouveau concurrent des États-Unis ?

Il n’est pas raisonnable de laisser les principaux bénéficiaires de la destruction de la planète décider des guerres. A l’ère du Capitalocène, la guerre ne doit plus être la chasse gardée de l’oligarchie, qui n’a que faire des peuples.

 

C'est pourquoi nous demandons

  • Que la France n’envoie plus d’armes en Ukraine,
  • Un cesser le feu immédiat et sans conditions en Ukraine,
  • Une application du droit des peuples, avec des référendums organisés par l’ONU et les parties en conflit dans les territoires contestés,
  • Une reprise des négociations sous contrôle populaire : des conférences du consensus, constituées de citoyens tirés au sort, (1) seront chargées de surveiller les négociations : seul un contrôle populaire des négociations est de nature à faire espérer une paix durable

(1) sur le rôle des jurys citoyens dans les processus de décisions politiques, voir nos propositions à « démocratie » dans « territoriales 2021 » sur ce site

Non à l’écologie de guerre, oui à une Décroissance pacifique

Non à la croissance guerrière, oui à la Décroissance

231221 - Tranchées